la peinture au vingtième siècle: dialogue avec la photographie et remises en question
La photographie sème le trouble dans la fin du dix-neuvième siècle. Avant l'invention de la photographie les peintres s'attachaient à reproduire, avec un réalisme sans cesse croissant, la nature. L’arrivée brutale de la photographie, pratiquée par d’infâmes techniciens, pose quelques problèmes existentiels pour les peintres.
I. Qu'est ce qui différencie les artistes de ces techniciens photographes?
Pour Cézanne, Vangogh et d'autres la peinture par rapport à la photographie peut traiter la lumière différemment. Pour Picasso Braque etc.., elle traite les volumes, les formes autrement, ils peuvent faire apparaître toutes les faces d'un même objet sur un seul plan. Matisse, wouters etc., utilisent des couleurs non naturelles, fauves. Kandinsky Mondrian magritte delvaux dali etc... répondent avec encore plus d’inventivité aux photographes. Avec la peinture ils représentent des formes qui n'existent pas dans la nature des formes abstraites, mathématiques, provenant de rêves, ou surréalistes.
Bien sûr les photographes vicieux comme ils sont répondent à toutes ces attaquent et donnent le pendant. Les peintre vont finir se plier (ça prend toutefois encore beaucoup de temps) et accepter ces techniciens photographes comme de véritables artistes. De cette lutte fertile naît beaucoup de mouvements artistiques et d’inventions.
Si la définition de l’art était claire avant l’arrivée de la photographie elle ne l’est plus du tout en ce début de 20 ième siècle. Durant cette lutte contre la photographie les artistes peintres ont dépassés les limites standard de la peinture. Faut-il donc considérer tous ces peintres comme n’étant pas des artistes (si on suit la définition classique) ou bien faut-il étendre la définition de l’art.
II. Mais qu'est qu'un artiste, qu'est-ce qu'une oeuvre d'art?
Personne au début du 20ième à une définition claire de l’art à offrir. Le « travail » de Duchamps résume bien cette interrogation. Et si on considère Duchamps comme un artiste on s’aperçoit que le statut (la définition) de l'artiste est entamé. Si pour être un artiste il suffit de signer sur une pissotière alors tout le monde peut-être artiste. On peut imaginer que des personnes complètement naïves puissent être artiste (l'art naif) et pourquoi pas des handicapés ou des fous (l'art brut)! Le vingtième siècle a démoli le statut de l'artiste. Un artiste n’est plus quelqu’un qui doit maitriser une technique, être intelligent, cultivé, lucide, sain d’esprit. Il suffit-il de se dire artiste pour être artiste.
III. mais qu'est ce que l'art?
C’est plus qu’un simple coup à la notion d’artiste qui est asséné, c’est un jet d’huile bouillante qui dissout la définition de l’art. Tout le long du vingtième siècle les artistes vont laisser de côté l'esthétisme pur pour le questionnement pur, ce qui va aboutir à l'art conceptuel contemporain. N’était-ce pas aux philosophes de se poser ce genre de questions ? Ce n'est plus l'esthétisme qui importe mais le questionnement. Duchamps au début du 20ième a déjà posé toutes les questions fondamentales, mais personne n'a su apporter une réponse éternelle. Ce qui fait qu'aujourd'hui encore les mêmes questions sont posées par des artistes contemporains.
D’autre part certains peintres (ou artistes), profitant du flou sur la définition de l’art, vont engager leurs toiles dans des combats, dans la propagande et même dans la publicité. Certaines œuvres n’ont qu’un seul objectif : transmettre un message. L’esthétique n’a qu’une utilité, optimisé la transmission du message. La population est donc confrontée perpétuellement à cette forme d’art communicatif. Le flou est encore plus grand autour de la notion d’art. Andy Warhol utilise cette forme d’esthétique et pose la question : est-ce que la culture de masse est-elle aussi une forme d'art ? De plus l’accès à la culture et au matériel, pinceaux couleurs etc…, est facilité, le peuple se met à faire de "l'art". Beaucoup se disent artistes et l’Homme du quotidient à bien du mal à distinguer qui est ou n’est pas artiste.
Le futur de l'art
De la même manière que l’homme se pose des questions existentielles l'art se remet en question. Tellement l’art se pose des questions, l’art devient l’art de poser des questions. Le support matériel n’est plus qu’anecdotique. L’art conceptuel semble avec peu d’efficacité et de succès essayer de prendre la place des philosophes. L’art pour moi c’est plutôt d’essayer de traduire des émotions. Celle-ci pouvant être ou pas des réponses à des questions existentielles. L’art peut donc être une alternative de réponse aux questions existentielles que l’on se pose mais c’est d’abord l’expression d’émotions.
C'est pourquoi je propose de nommer les artistes qui s’attachent aux émotions les "Emotistes".
Vive l'émotisme éternel!